L'élégance du Hérisson

Publié le par Amélie B.

"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants. "

"Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai. "

     Au départ ,je souhaitai vous présenter autre chose que ces extraits librement choisis par l'éditeur sur la 4 e de couverture de L'Elégance du hérisson de  Muriel BARBERY ( certes alléchants mais un peu réducteurs) mais je me suis résignée, tant les passages croustillants abondaient. En effet, il s'agit ici de deux personnages ( dont le destin finira par se croiser comme vous vous en doutez) apparemment antithétiques qui unissent le fruit de leur investigations dans la satyre et la réflexion sur le monde qui les entoure. D'un côté Renée, l'élégant hérisson, une surprenante concierge qui met en oeuvre toute son intelligence pour réitérer l'ensemble des préjugés sur sa profession, avec des pirouettes grammaticales dignes des "exercices de style" de la Renaissance et de l'autre la petite gamine sudouée, blasée des gesticulations égoïstes de son élite de famille, à la recherche du Beau ( entreprise assez pompeuse mais au final, des pistes philosophiques non ininteressantes).La fin  est assez abrupte et inatttendue, bien que "nécessaire" ( comme vous le comprendrez aisément) mais vous ne restez pas sur votre faim.

Ce n'est pas du Beauvoir ni du Kant, autrement dit, le livre est facile à lire et tout à fait abordable pour les non khagneux ( les petits essais se succèdent, ponctués d'exemples concrets et ludiques). Il m'a été conseillé par mon ophtalmo ( pardonnez moi ce jeu de moi à deux sous) et je dois dire que celui ci n'a vraiment pas les yeux dans sa poche! Enfin, toute franco japonaise que je suis, j'ai particulièrement apprécié le japonisme marqué de l'auteur et la conclusion finale, à l'esthétique " haikilisante".

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