Fiat Lux ou imprécations d'une réactionnaire

Publié le par Amélie B.

Lâchez l’Amérique, lâchez tout !

 

                Chaque jour, alors que la dépravation du monde se fait de plus en plus oppressante, tombent les idoles sacrées du talent, les muses des peintres, des poètes et des aèdes, profanées sur l’autel du Profit. L’Art, malmené par ce démon que l’on nomme la modernité est sur le point de s’éteindre tour à tour piétiné, sodomisé par le malin mercantile et le vice de la médiocrité.

 

                « Lâchez Dada, lâchez tout ! ». Ainsi s’exprimait en 1922 André Breton, tirant la sonnette d’alarme contre le naufrage de l’art. Ironie du sort, Dada, ce mouvement nihiliste et déconstructeur connut peu de retentissement sur le Vieux Continent mais eût au contraire un immense succès de l’autre côté de l’Atlantique. En retour, 50 ans plus tard, nous voilà submergés par la culture de masse, toute droit venue des USA…

Comment notre pays, autrefois terre promise des beaux arts et des tournures raffinées a-t-il réagi ? En buvant la tasse !

 

50 ans. Est-ce suffisant pour mettre à plat 10 siècles d’une culture vivace où chaque génération a sans relâche entretenu les terres de ses pères, forgeant ainsi notre identité nationale?  50 ans de « progrès » supplémentaires pour en arriver où ? Au néant. Un système tonal démantibulé d’un côté, un abstractisme si abstrait qu’il en devient obscur même pour les esprits les plus éclairés, des peuples nourris à des ramassis de sottises et de chimères…

 

Business and  money. Voici les mots  qui sont aujourd’hui gravés au pied des statues comme autrefois les épitaphes latins. Le Marketing ? C’est l’Inquisition qui recommence avec ses «  librorum prohibitorum » et ses bûchers de sorcières. Facebook, twilight, pub et autres produits de la com’ : des armes si perfectionnées et pernicieuses qu’il n’est sans doute pas une parcelle de terre qui ne soit corrompue par EUX. Le joug de l’Americattitude pèse chaque jour sur ses pauvres victimes que l’on nomme consommateurs. Ses assauts abattent les institutions les plus vénérables et nous ne pouvons répondre que par l’impuissance à la ruine de nos idéaux. Déjà, leurs lambeaux sont jetés en pâture aux chiens et  Les remparts encore debout viciés dans leur moelle. Partout, le faux, dans chaque interstice, le mensonge.

 

 La peste est un fléau bien doux comparé à la globalisation car il y va de la perte de notre liberté. A bras ouvert nous avons accueilli le XXIe siècle dans nos foyers et en retour de notre charité nous voici tous à genoux devant la Bêtise. Qui entendra le SOS d’un avenir en détresse ? Dans ce climat de perversion nul bras n’est assez secourable, nulle branche assez solide pour s’y cramponner et espérer. De profundis clamavi…

 

La culture de masse ? Arme bien plus efficace que n’importe quelle bombe atomique pour l’anéantissement d’un peuple. Tuer la culture propre à chacun, effacer les particularités, c’est nier l’identité, c’est tuer l’individu. A la genèse du XXIE siècle, nous sommes  les déracinés d’une épopée trop rapide. Déjà la nature offensée et souillée gronde pour reprendre ses droits. Le chaos plane chaque jour plus bas au dessus de nos têtes.

 

                      Vous trouvez les trais trop marqués ? Les hyperboles lourdes, la sentence risible ? Réveillez vous, âmes étriquées et regardez le monde ! Et  voyez ces plaies profondes, ces stries coagulées ! Hélas, si le cri d’agonie de la culture et bien là, éclatant dans sa peine, le peuple , lui, ne l’écoute pas, assourdi par les accords rageurs qui nous viennent des Etats-Unis.

 

 

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