Question subsidiaire

Publié le par Amélie B.

A la sempiternelle «  fiche de renseignements », la sempiternelle question de l’orientation. «  Quels sont vos projets d’avenir ? » nous demandent innocemment nos professeurs qui seraient d’ailleurs bien mal de nous dire si jouer les gardes fous en répétant inlassablement les mêmes formules mâchées et prémâchées était bien le métier dont il rêvait en leur adolescence


Question d’autant plus épineuse lorsque la réponse est elle-même sujette à des interrogations. «  Ce qui remplacera le juge d’instruction lorsque la profession sera supprimée » me brûlait les doigts. Un «  magistrat du siège », plus neutre et moins polémique est finalement resté sur ma copie. Aujourd’hui, il me prend l’envie de remplacer le célèbre slogan iranien «  Where is my vote » par un «  Where is my job », bien franco-français celui là. Quel autre pays aurait en effet l’idée de confier à des procureurs, dépendants de la chancellerie c'est-à-dire du pouvoir, l’instruction d’une affaire pour plus de «  transparence et de sécurité » ? Dans un article alarmant du Figaro Magazine, pourtant pas souvent en froid avec les initiatives du gouvernement, j’ai appris que la « petite phrase » de notre président lancée à l’occasion des vœux de la  nouvelle année avait fait son petit bonhomme de chemin… pour se retrouver au cœur d’une réforme «  profonde et nécessaire » du système judiciaire. Opposant les magistrats du siège combattant farouchement afin de conserver leurs prérogatives et les magistrats du parquet ( proc’ et avocats) bien contents d’élargir leur terrain de chasse, le débat semble stérile.

«  Quels sont vos projets d’avenir ? » «  Servir le fisc et les banques ». Ça, au moins, c’est une valeur sûre…

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