L'invitation au voyage

Publié le par Amélie B.

 En ouverture, un poème, un vrai celui-ci. Après la prose "sinueuse" de Baudelaire et les versets énigmatiques de Ségalen, mon choix se porte finalement sur Hérédia, José-Maria de son prénom. On raconte qu'il lui aura fallut 10 ans pour trouver la pointe de ce sonnet.


Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.


Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;


Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

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Publié dans Belles lettres

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