Prague, la ville dorée
C'est avec des images préconçues assez sombres que je me suis rendue à Prague au printemps 2007 lors d'un échange musical. J'avais en tête les barbelés et les murs noirs des villes de l'Est, en réalité telles qu'elles étaient réellement 20 ans auparavant ( bien entendu je n'étais pas née mais ce type de témoignage circule encore aujourd'hui). La suite m'a largement persuadée du contraire. En deux mots, Prague est une ville magique. Pas étonnant que son quartier ancien ait de nombreuses fois servi comme décor pour des films, notemment l'Amédeus de Milos Forman. Comme il serait beaucoup trop long de reproduire le journal de bord que j'ai tenu durant 1 semaine j'ai choisi de vous présenter cet article paru dans le Figaro sur la ville de Prague. J'espère qu'il vous donnera des envies de voyage...Défenestration de Prague, printemps de Prague... La capitale tchèque a souvent joué un rôle déterminant dans l'histoire de l'Europe. Prague, la "ville dorée", la "ville aux cent clochers", s'étend le long de la Vltava. Une partie de son charme, qui attire chaque année 12 millions de visiteurs étrangers, vient de son extraordinaire diversité architectural.
A mesure que le jour s'installe, Prague s'éveille. Les eaux de la Vltava s'illuminent de reflets moirés. Une brise douce vient rider leur surface. Plus la lumière s'accentue, plus les contours du pont Charles deviennent précis. Ses trente statues, de pierre et de bronze, se découpent plus nettement sur le ciel bleu pâle. Elles confèrent une certaine théâtralité à l'ouvrage de 515 mètres de long qui a été, jusqu'au XIXe siècle, l'unique pont reliant les deux rives.
D'un seul regard on embrase un panorama envoûtant composé d'îles, de collines couvertes de palais, de jardins, de toits rouges, de coupoles vertes, de tours et de clochers. Pour en apprécier le charme incomparable, il faut d'abord musarder dans le quartier de Mla Strana, le coeur baroque de Prague. Il concentre un grand nombre d'églises, de palais et de bâtiments conçus aux XVIIe et XVIIIe siècles par quelques unes des plus grands artistes européens. A ne pas manquer, le palais Cernin et Wallenstein, et surtout l'église St Nicolas, qui rassemble tous les ornements dont une âme baroque peut rêver: une gigantesque fresque ( 1500 m carrés) évoquant l'apothéose de saint Nicolas, une chaire rococo et des piliers ornés de statues colossales.
Non loin, les silhouettes emblématiques de la cathédrale St Guy et du château impérial dominent, si proches l'une de l'autre que la cathédrale paraît enchâssée dans la troisième cour du château. Sans possibilité de recul, sous les flèches de 82 mètres de hauteur, le visiteur est littéralement pris de vertiges... gothique. Rosaces, gargouilles, portes en bronze ( plus tardives) et mosaïques du Jugement dernier datant du XVe siècle achèvent d'impressionner.
Sur l'autre rive, la Maison municipale, un des principaux bâtiments Art Nouveau de Prague, est toujours le centre de la vie culturelle et mondaine tchèque. . L’hôtel de ville , avec sa célèbre horloge astronomique, la place de la vielle ville, l’église de Teyn, Notre Dame de Tyn, la statue de Jan Hus, la tour poudrière et le palais Goltz-Kinsky ne sont qu’un échantillon des nombreuses merveilles de la Renaissance et du baroque. La longue place Venceslas est l’une des plus célèbres d’Europe. La vielle ville historique a été inscrite sur la liste mondiale du patrimoine culturel de l'UNESCO en 1992.
Prague est une métropole culturelle de premier rang. Le point culminant de la saison musicale et théâtrale est le festival annuel du "Printemps de Prague". Pendant trois semaine, des représentations de niveau international se déroulent dans les salles de concert, les églises, les palais et les jardins de la ville.
Les marionnettes constituent une spécialité de la ville de Prague. Assistez au spectacle Don Giovanni (rassurez- vous, rien de sérieux là dedans), vous ne serez pas déçus!
Publicité