On la refait, mais en mieux

Chers internautes, je vous souhaite à tous une excellente et heureuse année 2008. Tous les voeux ont été dits, du sommet de l'état jusqu'à la bénédiction papale, et je me permets de ne pas en surfaire.
Je vais commencer l'année par une citation latine, expréssément extraite d'In Vino veritas ( je profite de l'occasion pour en faire une petite publicité):
Errare humanum est
(il est de la nature de l'homme de se tromper)
A ceux dont le doute freine les projets et dissipe les qualités, je leur demande de tirer profit de cette maxime latine.
Le verbe erro ne veut pas seulement dire " se tromper". Il a donné le français: " errer". Ce qui est une bonne chose.
Sommes- nous tel le navire continuant sur son erre? Toujours est-il qu'errer devient, et de plus en plus, aussi necessaire que de faire des erreurs. Tout progrès se fonde à partir des erreurs des nouvelles générations corrigeant celles des anciennes.
Errer, c'est d'abord aller vite, droit au but. Cela signifia d'abord " voyager" , c'est à dire aller d'un point à l'autre, se mettre en route, aller. L'errement fut certes une aventure, mais aussi un exploit, du moins au XIIe siècle. Faire bonne erre, ce fut aller vite. De grant erre signifia "prompt à la course". Errant, chez Chrétien de Troyes, voulait dire " très vite"," tout de suite". Il est vrai que l'on trouve plus vite ce que l'on cherche en faisant le calme en soi, en laissant aller sa pensée qu'en appliquant de stériles méthodes qui ne peuvent faire découvrir que ce qu l'on sait déjà. Il est humain d'errer, parce que c'est la clef de toute connaissance, et que ça permet d'aller plus vite.
Cela posé, qui dira jamais la fécondité des erreurs? C'est en se trompant beaucoup, en corrigeant constamment que l'on peut parvenir à une certaine justesse. L'erreur elle-même peut devenir méthode. ( j'ajouterai que cette méthode a un nom: la méthode scientifique. En effet la connaissance scientifique progresse en faisant des suppositions, des conjonctures qui sont passées au crible de l'esprit critique et d'expériences déterminantes. Ces conjonctures et ces suppositions peuvent rester en lice après ces tests, mais rien ne prouve qu'elles sont vraies. " La réfutation même d'une théorie, écrit Popper, nous fait toujours faire un pas vers la vérité. C'est ainsi que nos erreurs sont une source de connaissance.")
Rêvons donc qu'un jour se construise une véritable et rigoureuse, autant, sinon moins, que nos rêveries , maïeutique de l'erreur. Dès lors, serons-nous ' comme des dieux" ( Eritis sicut dii).
Voilà, c'est le voeu que je vous souhaite, faites des erreurs, trébuchez mais continuez d'avancer, car de son côté la roue des heures tourne, nous sommes en 2008 et vulnerant omnes ultima necat...